
Les MPM (Management-defined Performance Measures) : la nouvelle notion à maîtriser
EBITDA ajusté, résultat opérationnel courant ou performance sous-jacente : les groupes utilisent de nombreux indicateurs pour expliquer leur performance. IFRS 18 introduit une notion nouvelle, les Management-defined Performance Measures ou MPM, afin d’encadrer certains de ces sous-totaux.
Qu’est-ce qu’une MPM ?
Une MPM est un sous-total de produits et de charges utilisé dans les communications publiques en dehors des états financiers et qui traduit, selon la direction, un aspect de la performance financière de l’entité. Tous les KPI ne sont donc pas des MPM : les indicateurs non financiers, les ratios, les mesures de liquidité ou les sous-totaux définis directement par les IFRS sont exclus de cette définition.
Une information regroupée dans une note dédiée
IFRS 18 exige que les informations relatives aux MPM soient présentées dans une même note des états financiers. Pour chaque mesure, l’entreprise devra notamment expliquer :
- ce que la mesure représente et pourquoi elle est utile ;
- comment elle est calculée ;
- son rapprochement avec le sous-total IFRS le plus comparable ;
- l’effet fiscal des éléments de rapprochement ;
- l’incidence sur les intérêts ne donnant pas le contrôle, lorsque nécessaire ;
- les changements de définition ou de méthode.
Le périmètre doit être inventorié
L’identification ne peut pas se limiter au rapport annuel. Il faut analyser les communiqués de résultats, présentations investisseurs, supports de résultats, communications du management et autres documents publics. Une mesure employée régulièrement par la direction peut entrer dans le champ même si elle n’est pas actuellement décrite comme un indicateur alternatif de performance.
Conséquences pour les outils EPM
Les MPM ne doivent plus être calculées dans un fichier isolé en fin de processus. L’outil de consolidation ou de reporting doit permettre de gérer :
- une définition centralisée et versionnée ;
- les ajustements avec une granularité suffisante ;
- la réconciliation automatique avec les agrégats IFRS ;
- les effets fiscaux et les intérêts minoritaires ;
- la validation et la piste d’audit ;
- la cohérence entre les différents supports de communication.
Mettre en place une gouvernance
Chaque MPM devrait avoir un propriétaire, une formule approuvée et un circuit de validation. La gouvernance doit associer consolidation, contrôle de gestion, fiscalité, relations investisseurs et direction juridique. Toute modification doit être justifiée et documentée.
Les étapes recommandées
- recenser les mesures publiées ;
- déterminer celles qui répondent à la définition d’une MPM ;
- identifier le sous-total IFRS comparable ;
- formaliser la passerelle et les effets fiscaux ;
- intégrer le calcul dans le système EPM ;
- tester la note dédiée sur les données comparatives.
Les MPM représentent un enjeu de transparence, mais aussi une opportunité : elles obligent les groupes à rapprocher les indicateurs utilisés pour piloter l’entreprise des données statutaires auditées.